Parabole des mines - Luc 19, 11 - 27

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NBG
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Parabole des mines - Luc 19, 11 - 27

Messagepar NBG » mer. 26 oct. 2016 12:18

Bonjour,

Je ne m'attendais pas à trouver une telle phrase dans une parabole de Jésus :

"Quant à mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je règne sur eux : amenez-les ici et égorgez-les devant moi»."

Qui peut expliquer ?

NBG / Derrière chaque visage, une histoire et sa vérité

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Guillaume
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Re: Parabole des mines - Luc 19, 11 - 27

Messagepar Guillaume » jeu. 27 oct. 2016 07:38

Déjà, il faut lire l'ensemble de la parabole pour comprendre qui a dit cette phrase et dans quel but :

Luc a écrit :11 Comme ils écoutaient cela, il ajouta une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem et qu'ils imaginaient que le règne de Dieu allait se manifester à l'instant même.
12 Il dit donc : Un homme de haute naissance s'en alla dans un pays lointain pour se faire investir de la royauté, puis revenir.
13 Il appela dix de ses esclaves, leur donna dix mines et leur dit : Faites des affaires jusqu'à ce que j'arrive.
14 Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent une ambassade derrière lui pour dire : Nous ne voulons pas que cet individu règne sur nous.
15 Lorsqu'il fut de retour, après avoir été investi de la royauté, il fit appeler auprès de lui les esclaves auxquels il avait donné l'argent, afin de savoir quelles affaires ils avaient faites.
16 Le premier se présenta et dit : Maître, ta mine a rapporté dix mines.
17 Il lui dit : C'est bien ! Tu es un bon esclave ; puisque tu as été digne de confiance dans une petite affaire, tu auras autorité sur dix villes.
18 Le deuxième vint et dit : Maître, ta mine a produit cinq mines.
19 Il lui dit : Toi, de même, tu seras responsable de cinq villes.
20 Un autre vint et dit : Maître, voici ta mine que j'ai gardée dans un linge ;
21 je te craignais, en effet, parce que tu es un homme sévère ; tu prends ce que tu n'as pas déposé, et tu moissonnes ce que tu n'as pas semé.
22 Il lui dit : Je te jugerai sur tes paroles, mauvais esclave ; tu savais que, moi, je suis un homme sévère, que je prends ce que je n'ai pas déposé et que je moissonne ce que je n'ai pas semé ?
23 Alors pourquoi n'as-tu pas placé mon argent dans une banque ? A mon arrivée je l'aurais retiré avec un intérêt !
24 Puis il dit à ceux qui étaient là : Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines.
25 Ils lui dirent : Maître, il a dix mines !
26 — Je vous le dis, on donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas, on enlèvera même ce qu'il a. —
27 Quant à mes ennemis, qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.


En lisant la phrase seule, on peut avoir l'impression que c'est Jésus qui ordonne de tuer tout ceux qui ne veulent pas se soumettre à lui ou qui sont contre lui, un ordre à réaliser concrètement, terrestrement. En effet, c'est horrible et ce n'est pas du tout ce que Jésus a fait.

Mais en lisant la parabole entière et aussi son introduction, on comprend tout autrement (bon exemple de contextualisation). Car Jésus veut enseigner à propos de l'arrivée du Royaume de Dieu, la parabole se comprend donc dans le contexte de cet événement global, en lien avec le Jugement Dernier et l'évolution des esprits.

Comme il est question du règne de Dieu, du Royaume de Dieu, on peut comprendre que "l'homme de haute naissance" qui va devenir roi, c'est le Fils de l'Homme qui régnera pendant l'époque après le Jugement Dernier. Le Fils de l'Homme apporte le Jugement et règne selon la Volonté de Dieu, nous dit Jésus par ailleurs.
Les esclaves sont ici les hommes, nous, qui sommes d'une nature différente de Dieu et du Fils de l'Homme. (Ceci ne valide en aucun cas l'esclavage humain, car deux hommes sont toujours du même niveau, ils sont tous égaux, ils sont tous "esclaves", mais vis-à-vis de Dieu et non vis-à-vis d'un autre homme. Jésus utilise des mots adaptés à la culture de l'époque pour bien se faire comprendre.)
Chaque esclave reçoit une mine : tous sont traités équitablement, tous reçoivent quelque chose de précieux et tous doivent faire prospérer ce leg. La mine est les qualités spirituelles, les vertus que nous a donné Dieu en nous créant. Ces vertus, ces dons sont à l'état de germe et il faut les faire prospérer pour obtenir une magnifique plante, bien développée.
Le futur roi s'en va : Dieu laisse les humains se développer, vivre en toute liberté.
Le Roi revient pour établir son royaume. Il commence par inspecter l'état des troupes : c'est le temps du Jugement Dernier, Il regarde si nous avons bien évolué tel qu'Il le voulait.
Ceux qui ont évolué se voient confié un cadeau énorme (une ville pour une mine !) et l'autorisation de rester dans le Royaume, donc ils passent avec succès le Jugement Dernier et sont récompensés en proportion de leur bon développement.
Celui qui n'a pas du tout évolué, qui a laissé son don caché, inutilisé, est sévèrement jugé. En effet, il n'a même pas fait le plus petit effort de mettre sa mine en banque : c'était facile et ça permettait de faire fructifier un petit peu le talent, mais même ça n'a pas été fait. Et cet esclave ne montre pas d'amour pour son maître, on ne voit que de la peur.
Le Jugement le dépossède de ce qu'il n'a pas utilisé, et ceci ne sera pas perdu mais profitera encore à celui qui a le plus mérité.
Et ceux qui ont refusé le Royaume de Dieu, logiquement, ne sont pas admis dans ce Royaume qui ne tolère que les personnes de bonne volonté.
Comme il s'agit du Jugement Dernier, il n'y a pas de temps supplémentaire accordé, les esprits rejetés sont donc tués : c'est la mort spirituelle, l'esprit n'a pas gagné la vie éternelle mais au contraire il a perdu sa vie.
C'est une fin triste mais juste, car il ne sert à rien de prolonger éternellement les souffrances dans un enfer éternel. Au moins, la mort spirituelle apporte en fin de compte la disparition de l'esprit et la fin des souffrances associées à l'état de péché.
C'est juste car chaque esprit a eu largement le temps et les possibilités d'évoluer entre sa conception spirituelle et le Jugement Dernier.

Qu'en pensez-vous à présent ?

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NBG
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Re: Parabole des mines - Luc 19, 11 - 27

Messagepar NBG » jeu. 27 oct. 2016 12:52

Réponse à Guillaume : (texte trouvé sur internet)

«la parabole des mines». Une parabole que l’on entend rarement commenter dans nos cultes, parce qu’elle ne fait pas partie des «textes du jour» présélectionnés. On lui préfère «la parabole des talents» de l’évangile selon Matthieu qui est un peu plus simple, même si une grande partie des deux paraboles est identique.

Notre parabole des mines est intéressante, précisément en raison des éléments qu’elle apporte en plus de celle de Matthieu. Pour commencer : Luc situe la parabole à un moment très spécifique : juste avant l’entrée de Jésus à Jérusalem pour la période finale de sa vie sur terre. Ainsi que le formule le verset 28 : «Après avoir ainsi parlé, il partit et monta le premier vers Jérusalem», après quoi vient l’histoire de l’ânon et de l’entrée triomphale de Jésus dans la ville.

Notre texte apporte ainsi une conclusion à l’enseignement que Jésus a dispensé pendant toutes les années précédant son arrestation, son procès et sa mort sur la croix, ce qui prête à cette parabole un caractère solennel et ultime.

Luc le déclare clairement, ce que nous ne trouvons pas dans Matthieu : «Jésus ajouta une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem et parce qu’ils imaginaient que le règne de Dieu allait se manifester à l’instant même».

C’est ainsi que Luc explique le premier message que Jésus apporte à ses auditeurs, et à nous-mêmes !, avec ces paroles : il parle de lui-même en commençant sa parabole : «Un homme de haute naissance s’en alla dans un pays lointain pour se faire investir de la royauté, puis revenir».

Jésus dit : je vais partir pour être investi de la royauté, la royauté du royaume de Dieu. Ce ne sera pas maintenant, à Jérusalem, que le règne de Dieu sera instauré. Non, c’est plus tard que je reviendrai, pas comme le Jésus que vous avez connu mais comme le Christ, apportant sur terre le Royaume des cieux, le Royaume de Dieu.

Ce premier message met en perspective tout ce qui suit dans notre parabole. Tout d’abord -et c’est le deuxième message- : cela ne va pas être le triomphe facile. Beaucoup de personnes ne veulent pas de ce royaume de Dieu ; ne veulent pas de Jésus investi par son père avec tous les pouvoirs, les pouvoirs sur cette terre, sur leurs vies. Il y aura des gens qui feront tout pour empêcher que Jésus ne revienne comme le Christ Roi. Ainsi que le décrit notre parabole, comme si s’agissait d’un roman policier, plein de complots : «Ses concitoyens envoyèrent une ambassade derrière lui pour dire : nous ne voulons pas que cet individu règne sur nous».

Avec ces deux messages, Jésus décrit la problématique : ne comptez pas sur mon retour rapide comme Roi du royaume de Dieu ; et soyez conscients du fait que beaucoup de personnes vont faire tout ce qu’elles peuvent pour empêcher la venue de ce Royaume de Dieu. Dans cette situation, si vous voulez être avec moi, c’est à vous de prendre vos responsabilités.

Et c’est avec cette introduction que Jésus entame la partie centrale de sa parabole : l’histoire des mines. Dans cette version de l’évangéliste Luc, tout commence calmement. Avant de s’en aller, le maître, « l’homme de haute naissance », appelle dix de ses serviteurs et leur donne dix mines. Le même montant, assez modeste, pour chacun : une mine. Une mine n’était pas une pièce d’argent mais une petite unité de compte. Par comparaison, un talent –qui n’était pas, non plus, une pièce mais une valeur- valait 60 mines.

La même modeste somme pour chacun. Dans la parabole selon Matthieu, la version est tout autre : le maître donne cinq talents à l’un, deux talents au deuxième et un talent au troisième, « chacun selon ses capacités ».

Ici, ce n’est ni le montant ni la capacité qui importent. Non, Jésus donne un message simple, et cela est le troisième message et le message central de sa parabole : un message d’intention, de choix : le maître dit simplement : «Faites des affaires jusqu’à ce que j’arrive». Il ne donne pas d’autres indications, ni quel genre d’affaires, ni comment, ni pendant combien de temps les faire, non, seulement : «faites des affaires».

Le message a du être simple pour ceux qui écoutaient Jésus. Il leur disait, et il nous dit : peu m’importe ce que vous possédez, quelles sont vos capacités, vos possibilités. L’important n’est pas de savoir si vous êtes doués, intelligents, entreprenants, rusés ou limités, prudents, craintifs. Non, ce qui m’importe c’est que votre vie soit utile, que vous fassiez quelque chose avec ce que vous avez reçu, que ce soit peu ou beaucoup, modeste ou important.

Jésus aurait pu arrêter ici la parabole. Il avait donné ses trois messages, qu’il aurait éventuellement pu arrondir avec une fin qui montrait la reconnaissance pour les résultats obtenus par ceux des serviteurs qui avaient bien travaillé avec leurs dix mines.

Mais non, Jésus donne à la parabole une fin très travaillée, pleine de détails assez étonnants. Peut-être, parce qu’il sait que c’est la dernière fois qu’il parle aux foules qui l’entourent et qu’il veut donner à sa parabole une coloration qui surpasse toute autre parabole.

D’abord, la suite chez Luc commence ainsi : « Lorsqu’il fut de retour, après avoir été investi de la royauté, ». Ce qui exprime on ne peut plus clairement que l’ambassade de ceux qui le haïssaient n’avait eu aucun résultat et n’avait pas su empêcher que, dès lors, il règne sur eux. Jésus le dit presqu’en passant, mais le message ne pouvait être méconnu par ceux qui voulaient bien entendre : « Vous pouvez essayer de faire ce que vous voulez, me tuer, me faire crucifier, mais je reviendrai, investi de la royauté, c’est-à-dire en tant que Maître du royaume de Dieu, mon père».

Vous voyez : Jésus avait commencé la parabole avec les deux premiers messages qui étaient plutôt des avertissements : «le royaume de Dieu ne sera pas pour demain», et : «les gens vont tout faire pour empêcher que je revienne, glorifié, en tant que le Christ triomphant». Maintenant, il confirme, presque en catimini, comme si c’était évident, que ce grand retour en gloire va bien se réaliser, le moment, le moment de Dieu, venu.

Après cette petite phrase, si importante, suit toute l’histoire sur les serviteurs qui rendent compte de ce qu’ils ont fait avec leur mine. Le début de la parabole a détaillé le troisième message : «Faites fructifier ce que vous avez reçu». Ici, la parabole démontre comment nos efforts seront reconnus et… récompensés ! La parabole nous confronte à un développement surprenant : ceux qui ont bien travaillé avec la modeste somme qu’ils avaient reçue ne sont pas seulement reconnus mais reçoivent la promesse d’une future position de responsabilité : ils auront autorité, l’un sur dix villes, l’autre sur cinq.

Quel message Jésus donne-t-il à ses auditeurs avec cette promesse d’une future responsabilité ? Le futur dont parle cette parabole ne peut être que le royaume de Dieu. Est-ce que Jésus annonce des positions d’autorité dans le royaume de son père pour de fidèles disciples ? Nous nous imaginons, je pense, ce futur comme un royaume de justice et de paix, libéré de toutes les structures de pouvoir, sans petits et grands potentats, un royaume dominé par une seule image : Dieu sur le trône, avec Jésus à ses côtés.

Honnêtement, je ne suis pas certain du sens du message que Jésus transmet ici. Bien sûr, il est possible que Jésus ait vraiment voulu dire que les disciples les plus convaincus, ceux qui ont les meilleurs résultats dans leur travail pour faire advenir le royaume de Dieu, seront récompensés par une position d’autorité, à côté du Père et du Fils. Après tout, qu’est-ce que nous savons du royaume de Dieu ?

Mais il y a une autre interprétation qui me semble beaucoup plus vraisemblable. C’est que Jésus aurait utilisé cet image de récompense pour illustrer l’importance de notre travail pour son royaume. Pour dire à ceux qui l’écoutaient : comprenez ce que je vous annonce : si vous utilisez les dons que vous avez reçu, vous serez reçu dans le royaume de mon père à bras ouverts, comme des enfants dignes de son amour. Vous serez les serviteurs du royaume de Dieu. Dieu qui, par les paroles d’Esaïe, vous dit : «toi , mon serviteur, que j’ai choisi, descendance d’Abraham, mon ami».

Cette interprétation est rendue plus vraisemblable encore, compte tenu de ce que dit la parabole sur le serviteur qui a refusé de reconnaître Jésus comme un maître envers qui il faut se donner de la peine. Bien sûr, on peut refuser Jésus comme maître de sa vie, on peut dire qu’il ne nous plaît pas, que ses exigences ne sont pas réalistes, qu’il ne nous donne pas ce que nous cherchons dans la vie. Qu’on se fiche du don modeste qu’il nous a offert.

Mais là, Jésus laisse éclater sa colère, comme il l’a rarement fait dans ses paraboles. Il fait enlever à ce serviteur le peu qu’il possède et le fait donner à ceux qui ont déjà gagné et qui ont en plus reçu la promesse d’une récompense future.

Le message est dur mais extrêmement clair : ou vous m’acceptez ainsi que les dons que vous avez reçus, même modestes, et vous travaillez, ici et maintenant, pour mon royaume, ou je vous rejette pour toujours. Le choix est libre mais soyez conscients des conséquences.

Et si cela n’était pas encore assez clair, Jésus conclut la parabole encore plus durement, d’une façon inhabituelle dans l’enseignement du Christ. Il termine la parabole des mines en laissant l’homme de haute naissance donner ce commandement : «Quant à mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je règne sur eux : amenez-les ici et égorgez-les devant moi». Extrêmement dur, ce qui exprime clairement ce que ou Jésus en parlant, ou Luc en finissant d’écrire le texte de cette parabole, ont voulu dire : ce que je vous donne est un choix sérieux, un choix ultime. Ou vous dites «oui, j’accepte le royaume et ma vie est à son service», ou «non, ce royaume ne m’intéresse pas et je mène ma vie comme cela me plaît».

Et après ? Après plus rien. C’était la dernière fois que Jésus annonçait son évangile. Comme Luc l’écrit, -des mots simples mais pleins de signification- : après avoir ainsi parlé, Jésus partit et monta le premier vers Jérusalem.

Ainsi, en montant vers Jérusalem et vers sa mort, Jésus laissait un message très fort, formulé autour de l’histoire d’un homme qui donnait quelques mines à ses serviteurs pour faire un travail pour lui en attendant son retour. Un message plus actuel que jamais, pour vous, pour moi, à l’œuvre en attendant la venue du royaume.

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